Pour inaugurer cette nouvelle rubrique "Scratch/Décorations" (réalisés par les membres du Circuit 24 Samoisien), je vous présente un de mes scratchs : une Mini Austin au 1/24ème. L'extrait de l'article qui suit est paru dans le bulletin CR n°154.

Rappelons avant tout qu'un "scratch" est une transformation d'un modèle réduit statique en un modèle pouvant rouler sur circuits routiers électriques. La façon la plus simple de faire un scratch est d'adapter une carrosserie de modèle réduit statique sur un châssis de voiture de circuits routiers électrique. Les plus bricoleurs d'entre nous fabriquent eux même leur châssis (parfois de véritables oeuvres d'art à part entière!). Par extension, on appel aussi "scratch" une auto de circuit routier électrique dont la carrosserie aura été très fortement modifiée (élargissement de voies, suppression de toit, etc)

Bonne lecture et à bientôt pour de nouvelles présentations de scratch (membres du Circuit 24 Samoisien, je compte sur vous!).

 

Mini Austin au 1/24ème 

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Pour réaliser ce scratch, je suis parti d’un jouet à 1€ trouvé dans un bazar par mon ami Philvit. Il avait à l’époque achetée tout le rayon et il en avait ensuite fait profiter les copains du C24S ! 

C’est donc ainsi que je me suis retrouvé à bricoler cette Mini… Et pour mes débuts de « scratcheur », j’ai été servi vu l’ampleur des travaux à réaliser ! En effet, la Mini d’origine semble tout droit sortie d’un cartoon avec sa couleur fuchsia « flashi », ses énormes roues dépassant largement de la caisse, ses passages de roues encore plus énormes, ses chromes disgracieux et surtout, ses emplacements de vitres non découpés dans la carrosserie et seulement peints en noir !!

En premier lieu, je me suis penché sur la partie « mécanique ». J’ai décidé de conserver et de modifier le châssis d’origine, car ce dernier à l’avantage d’être relié à la carrosserie par quatre vis. J’ai aussi choisi d’utiliser des roues au 1/32ème. Ces dernières m’ont semblées être un bon choix pour cette auto qui n’est certes pas au 1/32ème, mais qui reste quand même un petit gabarit (Ben oui, c’est une Mini !). Mon choix c’est porté sur des roues Ninco : jantes BBS et pneus slicks (19x10mm à l’avant et 20,5x11,5mm à l’arrière). Pour les axes (et les paliers laiton), là aussi j’ai choisi du Ninco que j’ai coupé à la bonne longueur. Du Ninco encore pour ce qui est de la motorisation avec un NC5. Quant à  la transmission, cela reste classique avec un pignon moteur de 9 dents pour une couronne de 27 dents. Et pour le guide, j’ai utilisé ce que j’avais sous la main à l’époque, à savoir un guide Scalextric bleu (non sans avoir effectué quelques modifications pour pouvoir accueillir les œillets faisant contact entre les tresses et les fils alimentant le moteur).

 Après avoir dévissé les quatre vis reliant la carrosserie au châssis, j’ai démonté tous les éléments fixés à ce dernier (axes et mécanisme à friction). Pour permettre à la couronne de tourner sans frotter contre le châssis, j’ai découpé une ouverture dans la partie arrière de celui-ci, sous l’axe arrière, côté couronne. Après d’innombrables séances de limages, d’ajustages et de montages à blanc, j’ai collé les paliers de l’axe arrière au châssis (cyanoacrylate dans un premier temps pour fixer puis consolidation à l’Araldite). 

Ensuite, il a fallu dessiner puis découper (merci Dremel !) l’emplacement du NC5 dans le châssis afin que ce dernier vienne s’y encastrer pile poil à la bonne hauteur par rapport à l’axe arrière et sa couronne (sportif le truc!). Encore une fois, c’est seulement après une longue séance de limage/ajustage/montage à blanc que j’ai collé le moteur au châssis, toujours en commençant par la cyanoacrylate pour finir à l’Araldite.

Etape suivante : mise en place du guide. Avec une mèche ayant un diamètre légèrement plus petit que celui du téton du guide, j’ai commencé par percer le châssis à l’emplacement du futur puis de guide. A l’aide d’une carte plastique type carte de téléphone, j’ai confectionné une petite pièce rectangulaire de l’épaisseur du téton de guide, puis avec une lime, j’ai arrondi les angles de l’un des côté de cette pièce. Et je l’ai collée (cyano puis Araldite) sur la face supérieur du châssis, la parti arrondi vers l’avant et positionnée au dessus du trou préalablement percé dans le châssis. Une fois la colle bien sèche, j’ai percé la pièce qui allait faire office de puis de guide, en passant par le trou fait dans le châssis. Pour pouvoir y introduire le téton du guide, il me restait à découper le châssis dans sa partie avant, juste devant le puis de guide (et même légèrement sur les côté du puis). Cet orifice doit en effet être assez large pour permettre une bonne rotation du guide (d’environ un angle de 180°) et surtout, il offre un passage aux fils conducteurs reliant le guide au moteur. 

Enfin, dernière étape pour ce qui est de la partie « mécanique » : découper deux petits rectangles en carte plastique (environs 10mm x 5mm) et les coller au châssis, au niveau de l’axe avant, perpendiculairement à celui-ci, du côté intérieur. Une fois percés, ces deux pièces serviront de support pour l’axe avant.

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Voilà, la partie mécanique étant terminée, testée et approuvée sur la piste, il a fallu ensuite s’attaquer à la carrosserie…  

Première étape : Découpage des faut vitrages, puis longues séances de limage !

Deuxième étape : Je me suis attaqué aux passages de roues qu’il a fallu réduire vu leur taille à l’origine ! Pour ce faire, j’ai commencé par poncer les élargisseurs d’ailes afin de les faire disparaître. Puis j’ai collé à la cyanoacrylate quatre morceaux de carte plastique au niveau des passages de roues  (de manière à les boucher), à l’intérieur de la carrosserie (sur les flancs). Une fois les morceaux de carte plastique bien collés, j’y ai redessiné puis découpé les nouveaux passages de roues correspondants à la taille des roues Ninco.

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Troisième étape : Donner des ailes à ma Mini… Pour cela, il suffit de la laisser tremper une nuit dans du Red Bull… Ah, si ça pouvait être aussi facile ! En fait, la technique que j’ai utilisée pour élargir les ailes est bien connue des "scratcheurs" : Je me suis servi de deux demi cylindres en plastique fin (un pour les ailes avant et un pour les ailes arrière) épousant parfaitement les passages de roues, et je les ai coupés à la bonne longueur (il faut les faire dépasser de quelques millimètres des deux côté,  à l’extérieur de la carrosserie). Après collage des demi cylindres à la carrosserie, j’ai supprimé les parties centrales en les découpant  du côté intérieur de la carrosserie, au raz des flancs. Ensuite, commence un long travail répétitif : application de mastic (Sintofer) sur les quatre parties de demi-cylindres dépassant des quatre ailes pour mettre en forme leur galbe. Puis poncer, mastiquer, poncer, mastiquer… Et ainsi de suite jusqu’à obtention du galbe désiré !

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Quatrième étape : La mise en peinture… J’ai d’abord mastiqué les irrégularités de la carrosserie et j’ai essayé de re-créer (très difficilement, avec une petite fraise et la Dremel) les sculptures des deux portières au niveau des anciens passages de roues avant. Puis j’ai poncé la carrosserie au papier de verre fin avant de la dégraisser sous l’eau avec du liquide vaisselle.

Ensuite, j’ai appliqué deux couches d’apprêt blanc Tamiya, puis trois couches de vert pomme (toujours Tamiya).

Après, j’ai confectionné et posé des masques (scotch de masquage acheté dans un magasin de bricolage, mais ce n’est pas l’idéal pour le modélisme…) avant d’appliquer trois couches de noir brillant (Tamiya).

Une fois les masques enlevés, je constate avec effroi des vilaines petites traces de bavures au niveau des bandes noires sur le capot moteur et sur le coffre ! Mais je décide de ne rien tenter car j’ai trop peur d’aggraver encore plus la situation ! Donc je passe directement à la pose des décalcs (Revell-Monogram) qui ne pose aucun problème et je fini par appliquer trois couches de vernis brillant (Tamiya). Il ne me reste plus qu’à peindre au pinceau tous les petits détails (baguettes de vitres, essuies glace, feux, poignées de portes, etc.) avec de la peinture Humbrol en pot.

Cinquième étape : Confection et collage (à l’Araldite, à l’intérieur de la carrosserie) des nouveaux vitrages découpés dans du plastique transparent, souple et fin (bouteille de Coca Cola !). De toutes les pièces rapportées chromées présentes d’origine sur l’auto, je n’ai conservé que les phares et la calandre. Je les aient repeintes de couleur argent métallique (Humbrol en pot) plus réaliste à mon goût. J’ai aussi peint les jantes grises en noir brillant (Tamiya acrylique en pot), ainsi que la partie avant du guide en noir matt (plus discret que le bleu du guide Scalex !).

Pour apporter une touche encore plus « racing » à ma Mini, j’ai collé deux morceaux de ruban adhésif noir sur chacun des phares.

Il ne me restait plus qu’à faire un habitacle à l’aide d’un morceau de papier cartonné peint en noir matt. Pour le côté « racing », j’ai ajouté un arceau de sécurité  « fait maison » avec des bâtons de sucettes d’environ 3 ou 4mm de diamètre et peints en couleur aluminium (Humbrol en pot). Le pilote est en résine (moulé par Philvit), et j’ai du lui raboter les membres inférieurs pour qu’il puisse prendre place dans l’habitacle !

Enfin, j’ai mis en place ce dernier dans la carrosserie, et je l’ai collé à l’Araldite.

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Voilà pour ce qui est de la réalisation de ce scratch. Même s’il est loin d’être parfait, je suis quand même assez satisfait du résultat. 

En plus, côté performances, ça ce passe plutôt bien. Je suis étonné de voir à quel point la tenue de route est bonne, sans devoir ajouter aucun lest (Elle pèse 129g). Le NC5 est égale à lui-même. Il lui confère de bonnes accélérations, une bonne vitesse de pointe et un bon freinage.

Bref, un régale à piloter et à voir évoluer sur la piste !